Cogolin Forum

2 : Crise, ça continue encore et encore

Toute action, tout projet pour la commune se fait en tenant compte du contexte local qui est lui-même dépendant d'un contexte global.

Avant d'aborder au fil du temps le contexte local, JANUS va vous exposer certains domaines du contexte global (mondial et national) qui font que l'on doit envisager autrement la gestion d'une commune, d'une intercommunalité.

JANUS souhaite ainsi faire dans la transparence: ce que ne fait pas la gouvernance actuelle.

Attendez-vous à des impôts locaux en augmentation dans les années qui viennent ! Pas forcément du fait de mauvais choix, l'un n'empêchant pas l'autre, mais déjà en premier lieu, du fait du contexte global.

Voici donc, en cette fin octobre 2010, certains éléments qui poussent à la quasi certitude qu'une époque sociétale se tourne. Nul ne connaît la nouvelle qui se construira au fil des années à venir mais une certitude, énormément de choses vont changer dans le comportement des consommateurs.

Qui dit consommation dit économie et qui dit économie dit vie d'une société… CQFD!
Bilan de l’été 2010 : même s’il est quelque peu plus satisfaisant de celui de 2009, il n’en est pas moins terne ! Plus de touristes ou autant, ne signifie pas dépenser plus. Des produits plus chers avec un pouvoir d’achat en baisse et pire, moins de personnes ayant un pouvoir d’achat, même petit, je vous laisse imaginer 2011 !

Voici quelques informations économiques dans divers domaines:

1) Ceci est la conclusion d'un article économique :

La crise est devenue à la fois globale et mondiale, c’est tout ce qui peut être constaté.

Dans sa nouvelle mise en scène, le G20 va faire la démonstration de son impuissance en tentant de meubler ses silences. La lente chute de l’Empire américain a libre cours pour continuer d’imposer son rythme à la crise et entraîner le reste du monde avec elle.

2) Le fonctionnement du marché monétaire asiatique correspond de moins en moins aux canons de la théorie. Impliquant qu’il faut changer de canons ou faire parler la poudre.

Sans surprise et par défaut, la seconde option a été choisie.

Des chiffres assez extravagants circulent à propos de l’invasion des capitaux étrangers, qui s’amplifie d’année en année. L’Institute for International Finance, association des mégabanques et lobbyiste patenté de celles-ci, estime que les pays émergents devraient dans leur ensemble être inondés de 825 milliards de dollars net en 2010, contre 581 milliards en 2009. Sur ce montant, l’Asie recevrait environ 343 milliards cette année, contre 337 l’an dernier.

La ruée de ces capitaux est génératrice de grands déséquilibres, à l’origine d’importantes bulles financières sur les marchés des actions et de l’immobilier. L’ascension des valeurs boursières se fait parallèlement à celle des cours des monnaies. Certains ont tenté de faire porter sur les seuls Chinois la responsabilité du déclenchement des hostilités. Pourtant, c’est la ruée des capitaux vers les pays émergents qui joue un rôle déterminant dans le dérèglement monétaire qui a dégénéré.

Les banques centrales asiatiques sont coincées dans une contradiction, tentées d’augmenter leur taux pour lutter contre l’inflation mais craignant d’attirer ainsi encore plus de capitaux.

Il n’y a pas que les pays exportateurs qui sont donc affectés par la guerre des monnaie : elle est généralisée à tous.

3) Tout cela n’a qu’un temps et ne va pas pouvoir être poursuivi sur le même mode. La guerre monétaire ne fait que commencer et ne va plus permettre de persévérer dans le même autisme.

Aux Etats-Unis, la Fed se prépare à attiser le feu en remettant en marche la planche à billets, accentuant la chute du dollar. En Europe, la BCE fait le grand écart avec elle en adoptant une stratégie opposée, l’Allemagne accentuant sa pression pour imposer sa stratégie de lutte prioritaire contre les déficits publics. Ces deux fuites en avant se valent l’une comme l’autre en raison des dangers qu’elles recèlent.

(…)

Sans surprise, enfin, l’euro continue de monter vis à vis du dollar et les cours du pétrole et des matières premières subissent également les contrecoups

De la dépréciation du dollar. La déstabilisation est générale et va s’accentuer. Les mouvements de capitaux, notamment vers l’Asie, en sont le vecteur.

Les Américains préparent une réédition unilatérale des Accords du Plaza, en pratiquant une politique du fait accompli dont les objectifs sont identiques.

Ceux-ci s’étaient soldés par une réévaluation du yen par rapport au dollar (ainsi que du Deutsche Mark), contribuant, dans les années qui suivirent leur signature en 1985, à l’essor américain et au plongeon japonais. L’histoire ne repasse certes jamais les mêmes plats, les Chinois ne sont pas les Japonais et les contextes ont changé, mais il ne sortira de cette manœuvre de la dernière chance qu’une exacerbation des contradictions d’intérêt entre puissances

Qui va faire obstacle à la coordination des efforts. Le G20 est très mal parti !

En Europe, une autre logique continue de se dérouler implacablement, dont les échéances ne sont que provisoirement repoussées. Les relations consanguines très poussées instaurées entre dette publique et privée ne peuvent pas être dénouées si l’on continue d’occulter l’état du système bancaire. La crise de l’une renvoie à celle de l’autre, nier leur coexistence destructive pour ne combattre que la première condamne à terme la zone euro à l’éclatement.

L’accalmie enregistrée sur le front obligataire ne doit pas faire illusion. Les investisseurs sont de retour sur les marchés boursiers, qui bénéficient à nouveau de leur fervente faveur, dans l’attente de la remise en marche de la planche à billet américaine et britannique et de ses conséquences haussières prévisibles.

Leur talent s’arrête là. Les grandes transhumances des capitaux sont en effet sans surprises : ils manifestent un tropisme prononcé qui les dirigent vers les régions du monde où les taux sont les plus élevés – les pays émergents – et il passent alternativement du marché obligataire à celui des actions, faisant preuve du meilleur opportunisme, suivant la ligne de plus grande pente des rendements.

4)Pour organiser la relance de l’économie, mille théories s’affrontent:

Pour les uns, il faut augmenter la valeur des actifs boursiers et immobiliers, pour que leurs propriétaires fassent des plus values et s’endettent. Pour d’autres, il faut augmenter les dépenses publiques. Pour d’autres enfin, il faut baisser les taux d’intérêt.

Quand ces trois moyens sont employés aux limites du possible, comme c’est le cas maintenant, certains parlent de créer à l’infini de la monnaie et même de jeter des billets de banques par hélicoptère. Chacun assure que cela n’aura aucun impact inflationniste en raison de la double pression de la mondialisation et du progrès technique.

Étrangement, personne n’évoque une façon beaucoup plus simple d’augmenter la demande, qui serait d’augmenter massivement les salaires. Ou au moins les revenus les plus faibles. Après tout, les salaires par tête n’ont plus augmenté depuis longtemps aux Etats-Unis et très peu en Europe ; et beaucoup moins en tout cas que les profits. Mais chacun semble considérer comme un fait qu’une hausse massive des salaires augmenterait les coûts, alors que, pour la raison dite plus haut, elle ne ferait que diminuer la rentabilité du capital et la rémunération des dirigeants. Et cela semble impossible, parce que s’est engagée une guerre mondiale pour attirer les investissements et les cadres, les uns et les autres de plus en plus mobiles.

De plus, dans ce monde précaire, toute augmentation globale des revenus viendra plutôt nourrir l’épargne de précaution et non la consommation.

5) Une version préliminaire du rapport de la commission Attali demandée par le Président de la république défend une "cure d'austérité" pour l'Etat à travers vingt-cinq "propositions chocs", dont environ la moitié porte sur la maîtrise des dépenses publiques.

La première proposition est d'accomplir un ajustement de 75 milliards d'euros sur trois ans... en jouant 'exclusivement' sur la réduction des dépenses publiques (50 milliards d'euros) et en élargissant l'assiette des prélèvements 'sans relèvement de taux' (25 milliards).

La commission Attali souhaite par exemple "éliminer en trois ans le quart des pertes de recettes au titre des niches fiscales et sociales.

Elle cible en priorité les niches ayant des effets antiredistributifs ou favorisant les plus privilégiés.

(…)

FISCALITÉ DE CROISSANCE : Derrière ces termes se profile le souhait de conserver une TVA forte, pour compenser la réduction préconisée des charges sur le travail, dans le cadre d'une "fiscalité de croissance.

Ces recommandations visent implicitement la TVA à 5,5 %, dont l'extension, en 2009, aux métiers de la restauration et de l'hôtellerie (pour un coût de 3 milliards d'euros annuels) a déjà été contestée.

FISCALITÉ DE CROISSANCE : Derrière ces termes se profile le souhait de conserver une TVA forte, pour compenser la réduction préconisée des charges sur le travail, dans le cadre d'une "fiscalité de croissance.

Ces recommandations visent implicitement la TVA à 5,5 %, dont l'extension, en 2009, aux métiers de la restauration et de l'hôtellerie (pour un coût de 3 milliards d'euros annuels) a déjà été contestée.

(…)

La commission suggère également de "geler le point d'indice pour les fonctionnaires" et de "prolonger et élargir la règle de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite aux collectivités locales et à la Sécurité sociale.

(…)Le rapport préconise aussi de geler certaines prestations sociales et de mettre sous condition de ressources les allocations familiales.

(…)

Autre cible: la Sécurité sociale. Le texte prévoit le déremboursement de médicaments et la mise en place d'une participation financière des malades en affections de longue durée (cancers, diabète...), actuellement prise en charge à 100 % sans condition de ressources.

Jacques Attali a depuis vigoureusement défendu la réduction de la dette et du déficit en tant qu'objectif prioritaire pour la croissance du pays.

JANUS :

Ce n’est pas parce qu’un rapport est remis que les mesures qu’il préconise seront prises. Toutefois, je tiens quand même à vous rappeler que 60% des 316 mesures préconisées dans le précédent rapport de la commission Jacques Attali remis au Président de la République en janvier 2008 ont été mises en œuvre…

Donc, préparez votre esprit au fait de serrer d’un cran ou deux la ceinture plutôt qu’espérer pouvoir enfin la desserrer !

6)Gilles Carrez, rapporteur de la commission des finances à l'Assemblée nationale, voudrait encore plus de recettes fiscales en 2011.

7) Les députés veulent augmenter les amendes de stationnement.

Cool Le crédit d'impôt sur les équipements verts bénéficie aux plus riches

9) Déflation ou Inflation?

Inutile de choisir, on aura les deux, ensemble. Inflation pour les produits courants, ceux que tout le monde achète parce qu’on ne peut pas faire autrement, dont une petite partie sera due à l’augmentation de la fiscalité, et une déflation importante pour les « gros objets », comme les maisons, voitures etc. Le tout faisant croire qu’il n’y a ni l’un ni l’autre.

D’ailleurs, si on observe le prix moyen du panier de supermarché depuis 3 ans et celui de l’immo ou des voitures, on y est déjà. Mais ne le dites pas, ça inquiéterait.

Les anglais montrent la voie à l’UE pour la fiscalité : augmentation de la TVA, taxe injuste puisqu’elle touche beaucoup ceux qui achètent pour manger et très peu ceux qui spéculent. L’inverse d’une répartition rationnelle des revenus, ce qui démontre une continuité certaine, comme on peut s’y attendre.

10) L’euro pourrait ne pas survivre à la crise, estime Joseph Stiglitz

La vague d’austérité en Europe et aux USA, en restreignant la demande, risque de plonger les économies dans une nouvelle phase de récession, avertit Joseph Stiglitz, qui fait part également de son pessimisme au sujet de l’Espagne. Privé des mécanismes d’ajustement monétaires, le pays pourrait s’enfoncer dans une spirale dépressive, à l’image de l’Argentine au début des années 2000, estime-t-il. Selon lui, la monnaie commune pourrait ne pas survivre à la crise, tant les situations disparates dans la zone euro sont désormais la source de tensions croissantes.

11)On parle de baisse de dollar. Mais on n’en dit pas assez, je pense, que la baisse du dollar entraîne la baisse identique du Yuan. Dès lors, les deux principales économies mondiales sont entraînées dans une dévaluation compétitive identique dont le dindon sera en final….l’Europe !

JANUS :

J’arrête ici les extraits de textes, articles, commentaires de journalistes et experts en économie.

Comme vous le constatez, nous sommes à priori loin de voir le bout du tunnel de la crise.

D’autres chroniques économiques vous refroidiront mais il y a toujours un côté optimiste :

plutôt que d’attendre la fin de la tempête, apprenons à danser sous la pluie… »

Autrement dit, malgré les perturbations, que peut et que doit faire une gouvernance pour la ville qu’elle gère et pour sa population ?

C’est sur cette question que se fera la différence entre les prétendants pour l’échéance de 2014

Vous vous rendrez compte au fil des années qui viennent que la donne change et que la gestion d’une commune va devenir tout autre : transfert de compétences, moins d’argent, plus de besoins ou demandes, choix de nouvelles priorités, information-éducation pour faire comprendre les enjeux de demain, etc.

Fini l’habitant spectateur, consommateur du bien public. Habituez-vous dès à présent à devenir un habitant(e) participante, acteur ou actrice de tout ce qui fait le lien et le liant d’une ville communale.

Je vous développerai en temps voulu comment une gouvernance peut créer un petit rayon de soleil dans le ciel noir qui s’annonce.

 

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18/08/2017





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