Cogolin Forum

Bilan économique de l'année 2011

Je tiens à vous faire partager un article écrit par Paul Jorion que j’ai lu sur le blog de cet éminent économiste hors sérail. Je vous retrouve après pour mes commentaires. 

« Ce que l’année 2011 aura brillamment illustré, c’est comment la dérégulation et la privatisation engendrent le dérèglement. C’était prévisible me direz-vous, eh bien, apparemment pas pour tout le monde, et en particulier pas pour les personnes que nous nous évertuons, vous et moi, depuis quarante ans, à asseoir par nos votes à la tête des affaires.



On entend dire bien entendu dans certains cercles que l’effondrement que nous observons se déroule selon un plan prévu. C’est là une vue exagérément charitable de l’intelligence et de la compétence de ceux qui, tant sur le plan officieux que sur le plan officiel, nous dirigent. La panique qui règne en ce moment au sommet réfute à suffisance la thèse du complot.
Que retenir de l’année 2011 ? Une offensive en règle contre l’État-providence, à l’occasion d’une crise de la dette dont on a décidé en haut-lieu que seuls les salariés en règleront la note et dont on a oublié, là aussi, qu’il a été mis en place pour que le capitalisme soit supportable à la masse des perdants de ce système, qui ne protesteraient pas trop si on leur donnait de jouir quand même en paix des petits plaisirs de la vie.



Les salaires extravagants des dirigeants des grosses entreprises furent considérés en 2011 comme une curiosité dont il n’y a pas lieu de se préoccuper spécialement. De même, le fait que les dividendes augmentent alors que le résultat des sociétés baisse. De même encore, le fait que les grosses entreprises dépensent en lobbying des sommes plus importantes qu’elles ne versent en impôts. Simples curiosités que tout cela, tout comme les stock-options, qui tombent dans la catégorie fiscale des « gains exceptionnels », même si elles ont représenté dans les années récentes, 43% des revenus de la fraction la plus fortunée de la population française.
Quand ils ont tendu la main au secteur bancaire, les États sont tombés dans le trou où celui-ci se trouvait déjà. Pourquoi ? « Parce que nous avons vécu au-delà de nos moyens », nous serine la presse bien-pensante. Ah oui ? Ne serait-ce pas plutôt parce que les gains de productivité dus à l’informatisation et à l’automation ont précisément été confisqués sous la forme de dividendes et de rémunérations extravagantes, plutôt que de passer en salaires à ceux dont le travail produisait davantage ? Et que le pouvoir d’achat qui manque à l’appel a très généreusement été masqué par un accès facilité au crédit, lequel fragilise l’économie irrémédiablement en étendant le réseau des créances nécessairement douteuses puisqu’elles seront remboursées à terme à l’aide de salaires insuffisants et déjà hypothéqués. Il suffit alors d’un incident mineur, comme la crise des « subprimes » aux États-Unis, pour que le château de cartes s’écroule à l’échelle de la planète.



Il ne s’agit encore là que de la France, qu’en est-il de la zone euro dans son ensemble, et des mesures prises pour la maintenir en vie ? Trop peu, trop tard, et ceci depuis janvier 2010, quand les difficultés de la Grèce ne purent être ignorées plus longtemps. Les politiques, les financiers, s’efforcèrent de rétablir la confiance, de réunions de ministres des finances en réunions de chefs d’État, à 7, à 8, à 17, à 20 ou à 27. Comme si « la confiance des marchés » pouvait être restaurée à coups de phrases ampoulées ! La confiance, pour ceux-ci, signifie seulement que l’argent prêté leur reviendra, et grossi d’intérêts plantureux pour bien faire. Or les États, à l’image des ménages, sont aujourd’hui fauchés.



Les choses vont-elles pour autant mieux ailleurs ? La nouvelle classe des millionnaires chinois, nous révèle un sondage, ne rêve que d’une seule chose : de s’installer dans le XVIe arrondissement de Paris. Cela ne présage rien de bon pour l’économie chinoise. À moins qu’une bonne nouvelle ne se cache dans la mauvaise : que les dépenses des millionnaires chinois en exil boosteront les exportations de leur mère-patrie – qui ne peut plus vraiment compter sur nos propres achats, à nous Occidentaux, étant donné l’état de nos finances. Autre « BRICS » sur lequel nous comptons pour sauver l’économie mondiale, puisque nous avons nous jeté l’éponge : la Russie, où les manifestants hier se disaient prêts à faire une nouvelle révolution.
Et les États-Unis ? Le plafond de la dette publique a été rehaussé le 2 août pour atteindre le niveau confortable des quinze mille milliards de dollars. Toute amélioration de la situation est désormais impossible, l’opinion publique américaine s’étant clivée entre deux camps : ceux, d’une part, qui refusent toute imposition nouvelle du capital comme des gros revenus « pour ne pas pénaliser l’économie », ajoutent-ils sans rire, et ceux, d’autre part, qui entendent défendre les derniers vestiges de l’État-providence aux États-Unis. La vente des armes à feu dans le pays connaît un boum sans précédent, « dont il est difficile de deviner la raison », ajoutait de manière touchante le commentateur qui rapportait la nouvelle.

Dans le même registre des choses difficiles à expliquer, le fait que les camps d’« indignés » ont poussé comme des champignons à la surface du globe en 2011. Une autre curiosité sans conséquence, n’en doutons pas. »


JANUS :

L’ironie employée dans cet article en pimente davantage la pertinence qui malheureusement n’augure pas de bons indicateurs économiques dans le proche avenir.
Comme JANUS vous l’a dit depuis deux ans, la vie et la société changent car le ciel bleu économique s’est assombrit pour une longue période.
Loin d’être artistique comme celui du photographe David Hamilton, le flou sociétal qui s’ouvre à nous risque d’être rude.
N’écoutez pas le chant des sirènes officiel qui dit une part de vérité mais pas toute la vérité ! Ce mardi 27 décembre 2011 les médias annoncent d’un ton optimiste l’augmentation d’un peu plus de 15 % de création de logements neufs pour ce dernier trimestre. Ils se gardent bien de dire que parallèlement à cette augmentation il y a un fort ralentissement des ventes de logements neufs. Info de immo-neuf.

In fine, le rapport entre l’offre et la demande va dans le sens défavorable alors que les institutions veulent rassurer en ne claironnant que le beau et pas le sombre. Entre parenthèses, le Titanic qui coule se dit le Titanic sombre… CQFD ! 

Au niveau local :
Chacun est face à ses propres problématiques et tente de garder la tête hors de l’eau lors de sa brasse coulée. Nous boirons plusieurs fois la tasse mais au niveau communal, une gouvernance responsable doit voir, malgré le flou, au-delà du quotidien en prévoyant le futur. Boule de cristal ? Non ! JANUS vous démontre depuis deux ans que certains paramètres permettent d’anticiper une partie du futur. C’est à ce niveau que la gouvernance actuelle fait défaut et demeure muette. Demandez donc, lors des prochains vœux du maire quelle est sa vision de Cogolin pour les dix ans à venir. Au constat de l’inertie qu’il a suscitée (durant trois mandatures) dans les trois axes stratégiques de la vie et du développement d’une commune que sont l’économie, le social et la culture, nous sommes en droit de présager que son action future n’enclenchera pas le turbo…
Le gérant actuel a surtout privilégié l’immobilier mais un immobilier sans âme. Je construis encore et encore. Mais toutes les personnes qui viennent habiter à Cogolin, où travaillent-elles ?  Où se divertissent-elles ? Où garent-elles leurs voitures ? Comment se déplacent-elles si elles n’ont pas un moyen de locomotion roulant ?
Avec la population de plus en plus vieillissante dans les années futures, ces interrogations prendront de plus en plus d’importance… CQFD !

Un bon gérant de commune devrait, en tout cas c’est la conception qu’a JANUS de cette fonction, gérer la ville mais aussi et surtout la vie de la ville, autrement dit de sa population.

Cela sera d’autant plus vrai au vu et au su de ce qui va se passer dans les années à venir.
Il faut apprendre à naviguer malgré la tempête et pour cela il faut choisir le bon cap et utiliser tous les instruments modernes de navigation qui sont à notre disposition. La navigation en solitaire est de plus en plus périlleuse et il nous faut l’aide des autres navigateurs, c’est la solidarité entre équipages (intercommunalité).

Fasse qu’en 2012, le bon sens et la prise en compte de l’intérêt du plus grand nombre prévalent sur l’intérêt particulier et partisan de même que sur l’incohérence vis-à-vis de la planète et de sa population.

JANUS

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18/08/2017





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