Cogolin Forum

humanité et territoire (1/2) partie 2 ici

J'ai lu un article de Marcel Masson (Aix-en-Provence - 06-05-2008) et je désire vous le faire partager en le commentant.
Vous savez que je dénonce dans de nombreux messages les diverses politiques communales des cinquante dernières années. Le gâchis qu'il y a eu d'espaces vitaux proche du centre-ville par une politique du "pas plus loin que le bout de son nez". Espaces qui à présent font défaut. Vous allez découvrir dans cet excellent article une histoire du rapport de l'Homme à son territoire et les clés de mon concept "mieux vivre ensemble à Cogolin demain".
Je souhaite qu'au travers de cette lecture comme dans celle de mes autres messages, vous saisissiez les enjeux de demain et que vous compreniez que les actions de la gouvernance en place, même si elles vous paraissent aller dans le bon sens, n'y vont que contraintes et forcées… CQFD!
Il y a un cadre législatif qui impose. Vous avez la loi S.R.U., le SCOT, le PADD, etc. Donc, pour preuve que c'est dans cette contrainte et non par conviction propre, c'est que le syndicat des maires du Golfe se targue d'avoir fait le premier SCOT du Var. 15 ans après, alors qu'il y a un syndicat des maires, il n'y a toujours pas d'intercommunalité et elle va être imposée par le préfet. Pour autre preuve, plus flagrante, relisez le SCOT dans COGOLINFORUM. Il a été étudié, il y a plus de 10 ans, à vous de juger de ce qui a été fait ou non par rapport à cet excellent document de travail. Si notre maire qui se dit l'âme agricole, l'avait réellement, pourquoi n'entre-t-il pas à fond dans le développement durable? Pourquoi ne lance-t-il pas un agenda 21 cogolinois comme le préconise JANUS depuis ses premiers messages? Pourquoi dénigre-t-il le chauffage à bois lors d'un de ses "jeudi du maire" à la fin 2009 pour en 2011 dire qu'il compte mettre une chaudière à bois pour chauffer l'école et le gymnase?
Si m. le maire compte sur la mémoire oublieuse de la population, qu’il sache que ce n’est pas le cas de tous les habitants…
Si le gérant actuel de Cogolin avait vraiment la fibre de l’écocitoyen, il aurait dès le départ orienté sa politique communale dans le sens du développement durable.
En fait, après 16 ans de pouvoir, il a appris, comme tout politicien même s'il se défend d’en être un, à aller dans le sens du vent!!!!!!!! Et non pas par profonde conviction et/ou motivation citoyenne du monde !
Tant mieux pour Cogolin - mieux vaut tard que jamais - mais ne soyez pas dupes. On ne gère pas une ville parce qu'on nous l'impose ou au gré des vents. On gère une ville parce qu'on pense que c'est cela qui est le meilleur pour le territoire, sa population et son développement. C'est ce qui manque à la gouvernance actuelle. Il n'y a pas de logique, de cohérence, dans son action planifiée au long terme. C'est une juxtaposition de réalisations, utiles soit, mais sans lien, sans interrelation stratégique. Un total manque de concaténation des projets communaux au fil des mandats !

Voici de larges extraits de  l'article, que je commente. Pour chacun de mes commentaire, un « J : » (signifiant JANUS) signalera mon propos.  

Tout être vivant (animal, végétal) voit le jour et se développe sur un territoire donné, auquel il est adapté et qu’il adapte à la hauteur de ses possibilités à ses besoins. Un territoire dont il délimite les contours pour sa sécurité et en fonction de ses capacités.
Ces contours définissent les rapports entre individus, entre groupes d’individus et entre espèces.
Ces rapports oscillent en permanence entre deux tendances antagonistes :
-celles du bon voisinage et de l’agression, de la stabilité et de l’expansion, du repos et du progrès... Ces rapports de force jouent à toutes les échelles d’espace et de temps, à des rythmes variables, commandés par des facteurs multiples :
-satisfaction ou non des besoins, désirs de domination, peur de l’autre, évènements extérieurs déclenchants.

J : Vous voyez déjà ici que ce qui se passe dans les grandes villes n'est pas un hasard.

Ces rapports de force sont directement constitutifs de l’histoire des sociétés humaines, au cours de laquelle la notion de territoire, ainsi que sa matérialisation et sa perception se sont considérablement élargies et diversifiées.
De fait, nous sommes les héritiers de cette évolution, même si, au cours de celle-ci, notre perception du territoire a apparemment fortement décliné, du moins dans les sociétés occidentales.
Trois phases  dans cette évolution :

grotte

1) L’expansion dans un monde aux limites apparemment infinies
C’est la phase du tout début de l’expansion humaine, avec la constitution de tribus nomades errant dans un espace sans limites autres que physiques (obstacles constitués par des fleuves, des mers, des montagnes, des déserts..), à la recherche de gibier et de produits de cueillette; c’est aussi celle où la découverte des possibilités nouvelles fournies par l’agriculture balbutiante a permis la sédentarisation progressive des peuplades les plus avancées.
Dans les deux cas, cette expansion a pu globalement s’effectuer, du fait de la faible pression démographique, en adéquation avec les capacités d’accueil et les ressources naturelles des territoires concernés : richesse de la flore et de la faune, puis qualité des sols, présence de l’eau, de matériaux de construction...

J : Ce n’est donc pas par hasard, encore une fois, que nos villes et villages sont là où elle et ils sont. Comme je vous l'ai déjà mentionner : comprendre son passé et observer son présent pour mieux construire son avenir!


cabanne

2) L’expansion territoriale dans un monde fini :
  Avec l’augmentation de la densité du peuplement et des exigences croissantes de consommation devenant progressivement incompatibles avec les ressources disponibles - ce qui a dû jouer en particulier pour les sociétés nomades ou semi-nomades - la nécessité de l’expansion territoriale, fût-ce au détriment d’autres groupes sociaux, n’a pu que s’amplifier. La notion de territoire d’origine s’est alors estompée au bénéfice de celle de territoires de conquête, avec pour les gérer constitution d’entités politico-administratives plus ou moins évoluées, hiérarchisées et délimitées entre elles et vis-à-vis du monde extérieur.
Chaque expansion majeure  ( telle que celle de l’Empire romain) s’est ainsi accompagnée d’une re-territorialisation et d’une stabilisation des peuples, avec création de places fortes, de villes, de réseaux de déplacements et d’échanges commerciaux, d’établissement de règles juridiques et administratives instituant des droits de propriété cadastrés.
Cette phase, survenue en des temps très variables sur la planète, a permis des transferts de connaissances et de techniques, une homogénéisation relative des populations, par les mélanges ethniques, de langues, de religions, de cultures; mais, à l’inverse, la fixation des populations sur leurs terroirs a encouragé, sous l’apparente homogénéisation des classes dirigeantes, le maintien d’une diversité culturelle “ de base “ ( cf. F. Braudel : plus de 30 langues différentes - sans compter les dialectes - implantées sur des territoires régionaux ou féodaux dans la France d’avant 1789 ).

gratteciel

3) L’expansion économique et culturelle du monde moderne :
L’universalisme de la raison théorisé par les philosophes des Lumières hors du champ religieux et recyclé dans l’économique par les penseurs du libéralisme anglo-saxon a généré un courant de déterritorialisation des sociétés censées s’affranchir de leurs liens ancestraux pour oeuvrer de concert dans le sens du progrès et de la liberté individuelle.
Cette ouverture a permis la mondialisation des échanges et l’intégration accélérée des techniques, y compris financières, dans le jeu économique. Elle a aussi permis à certains de se considérer comme “ citoyens du monde “ et de bâtir des fortunes colossales renouvelant les inégalités sociales de l’ancien régime.
Un nouvel impérialisme économique et culturel a pu se structurer à l’abri d’un habillage idéologique :
l’universalisme communiste d’un côté, la démocratie libérale de l’autre.
Aujourd’hui, après la mise hors jeu du premier, le second domine - provisoirement - le monde, en imposant par la propagande - et s’il le faut par la force - sa loi des concentrations économiques, du pillage des ressources naturelles et humaines, de la spécialisation des territoires à l’échelle planétaire et du mouvement brownien des marchandises et des hommes. La mise au pas de sociétés très disparates nécessite le formatage des modèles culturels et la transformation des êtres humains en simples exécutants du monde de la production et en consommateurs stéréotypés.

J : N'oubliez pas que cet article a été écrit avant la crise mondiale que nous vivons actuellement. Comme vous le constatez, en terme de politique l'avenir peut-être prévisible lorsqu’on a à faire à des gérants de commune tournés vers l’avenir plutôt que vers leur fauteuil.

L’objectif non avoué est le détournement de l’idéologie de référence, destinée à libérer l’individu de ses entraves dans le cadre d’une société harmonieuse, au bénéfice de la généralisation de la loi du plus fort permettant aux dominants d’assujettir définitivement les dominés.
Dans cette optique, l’ancrage territorial n’a plus de raison d’être pour les premiers, et se réduit pour les autres à célébrer l’esprit de clocher dans des compétitions sportives, “ artistiques”  ou simplement festives ressemblant de plus en plus aux jeux du cirque romains.
Ainsi, la notion de territoire perd peu à peu toute signification, puisque les impératifs de productivité et de profit imposent de généraliser la monoculture agricole sur des domaines gigantesques ( les kholkoses soviétiques, les latifundi d’Amérique du Sud grands comme des départements français, les ranchs U.S., les plantations d’Afrique..). La polyculture et l’auto-suffisance sont bannies, puisque leurs rendements les rendent non compétitifs et que les coûts ridicules des transports permettent d’amener n’importe quelle marchandise dans n’importe quel endroit.

J : Développement durable et prix du baril de pétrole augmentant, la donne va changer et c'est un des enjeux de demain cité dans le SCOT mais minimisé par nos dirigeants actuels…

Il devient même possible de s’affranchir des contraintes liées à la variété des sols, grâce aux apports massifs d’engrais, à la construction de serres, voire à l’utilisation d’OGM, l’agriculteur devenant un industriel expert financier disposant d’une main-d’oeuvre d’exécution docile car interchangeable par le jeu des flux migratoires.
La même évolution affecte l’urbanisme, devenu simple producteur de logements et de bureaux standardisés, implantés, comme on a pu le voir en France, sur des terrains nivelés et débarrassés de tout témoin de leur passé.
Cette uniformisation s’accompagne forcément d’une perte d’identité, historique, culturelle, linguistique, compensée par la généralisation de la culture dominante, infiltrée partout par un matraquage publicitaire scientifiquement organisé ( ce n’est pas pour rien que le premier secteur d’exportation des USA est l’industrie culturelle ).

J : Vive la pub manipulatrice de la folie consumériste.

Cette évolution présentée comme la voie nécessaire du progrès génère des effets négatifs à grande échelle.
Elle amplifie en premier lieu les inégalités entre les “in” et les”out”, en mondialisant la pauvreté, voire l’extrême pauvreté;
elle génère des déséquilibres structurels tant sociaux qu’environnementaux de plus en plus insupportables :
-abandon des cultures agricoles de subsistance sacrifiées à l’importation de cultures industrielles;
-bidonvillisation généralisée dans les pays dits en développement;
-phénomènes  migratoires de grande ampleur;
-épuisement accéléré des ressources naturelles non renouvelables ( sols cultivables, eau, ressources énergétiques et minières );
-recours aux OGM;
-destruction d’écosystèmes à l’échelle planétaire;
-inflation des catastrophes naturelles ( inondations, évènements météorologiques, sècheresse); -dérèglement climatique;
-pandémies.

J : Cela ne vous dit rien… Tout de même impressionnant de lire ces conséquences écrites en 2008, quand on fait le bilan, en 2011, de ce qui se passe ici ou là dans le monde.
La lecture d'un tel article prouve que le mouvement des indignés et le mouvement des 99 % ne sont pas qu'un simple feu de paille mais le germe d'une révolution à venir. La société est obligée de réviser ses postulats de base car elle a atteint ses limites. Tous les systèmes économiques, financiers, politiques, sociaux qui se fissurent, qui se fracturent de par le monde nous en donnent des preuves intangibles jour après jour !

Toutes ces évolutions négatives se produisent paradoxalement à une époque où l’humanité dispose d’un capital inestimable de connaissances scientifiques et de moyens techniques et financiers qui lui permettraient de résoudre positivement les problèmes du développement à l’échelle de la planète.

J : Le profit au détriment du mieux-être et du mieux-vivre. Une preuve supplémentaire avec cette loi voté en novembre 2011 interdisant aux agriculteurs de produire, utiliser, échanger, leurs propres semences. Ainsi, chaque année, il seront obligés d'en acheter de nouvelles, évidemment brevetées: cling cling tiroir caisse des multinationales ! Nous ne sommes même plus maître du minimum vital, manger!
Que voulez-vous, nous marchons sur la tête! Il est pourtant dit que l’Homme est un animal intelligent… Cherchez l’erreur !

Elles prennent leurs racines dans l’idéologie pseudo-libérale du profit et de “la main invisible“. 
Instrumentalisant la croyance en la supériorité de la technique sur la nature et du quantitatif sur le qualitatif, jouant à fond sur l’effet d’échelle, elles risquent de mener l’humanité à un désastre sans précédent, et ce à un rythme de plus en plus accéléré.

J : Au vu et au su de se qui se passe, il semblerait effectivement que nous soyons sur une pente glissante de plus en plus pentue…

Elles ont en pratique pour dénominateur commun la dissociation de l’homme et de son territoire, c’est-à-dire de ses références, de ses solidarités concrètes, de sa capacité à organiser un contre-modèle économique et sociétal.
Dans ce désarroi généralisé, des sociétés particulièrement menacées tentent d’opposer des résistances, sous forme de révoltes de la faim, résurgences des insurrections paysannes de notre Moyen Age.
D’autres, pourvues de ressources financières provenant de la vente de leur pétrole, prennent pourtant le contre-pied de l’universalisme marchand au nom de l’intégrisme religieux.
Face à la menace, les pays du Nord réagissent à la marge par l’aide alimentaire, qui tend elle-même à aggraver les déséquilibres liés à la régression des structures de production alimentaire anciennement réparties sur les territoires; ils n’hésitent pas à utiliser des arguments fallacieux pour écraser militairement un pays censé représenter “le mal”, au nom de l’idéal démocratique camouflant l’objectif de main-mise sur les réserves pétrolières.

Face à cette évolution, des résistances se sont créées, en particulier pour redonner un sens et une utilité à l’entité territoriale.
La prise de conscience environnementale, ( au travers du constat des pertes de biodiversité, des conséquences négatives de la pollution des eaux et des sols, des atteintes au paysage, des risques encourus par l’humanité du fait la surconsommation et de la production de gaz à effet de serre, de l’absurdité et du coût économique et environnemental du transport à longue distance de produits auparavant cultivés ou fabriqués localement ), a largement contribué à remettre en question le modèle économique dominant.

J : Comme je vous l’ai déjà dit dans plusieurs de mes messages : nous changeons d'époque, le tourisme change, la demande change, le pouvoir d'achat change… Gouverner, c'est anticiper! JANUS essaie de vous prouver qu'il en est conscient et intègre cette évidence dans son programme pour "mieux vivre ensemble à Cogolin demain".

Les notions de développement durable, de complémentarité entre le global et le local, d’agriculture biologique ou raisonnée, de redécouverte de variétés anciennes, de labels et d’appellations, ramènent à celles de terroir et de territoire ainsi que de limitation des consommations, des transports et des déplacements.

Cette tendance, encore balbutiante, ne peut que se renforcer dans l’avenir sous l’emprise des contraintes économiques. Encore faut-il savoir comment l’organiser pour qu’elle ne se traduise pas par un simple retour en arrière, vers l’autarcie et la régression drastique des niveaux de vie.

J : Vous comprenez pourquoi nos gérants actuels passent à côté de l'essentiel, c'est-à-dire : demain!

… la suite dans un prochain message …

JANUS

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13/12/2017





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