Cogolin Forum

humanité et territoire (2/2) partie 1 ici

L'aménagement du Territoire et Urbanisme, vecteurs d’une société de progrès

Posons nous la question de l’organisation de la société autour de valeurs fondamentales, dont fait partie la relation de l’homme à son territoire.
La problématique du territoire se joue à deux niveaux complémentaires, et sur des plans apparemment contradictoires :



1) celui de l’Aménagement du Territoire :
Il s’agit à ce niveau d’un enjeu d’organisation spatiale, destinée à tirer parti au mieux, dans une optique de développement durable, des potentialités de l’espace considéré.
Ces potentialités sont de divers ordres :
ressources naturelles  (eau, sol, matériaux de construction, minéraux..),
richesse écologique à préserver ou à restaurer,
richesse patrimoniale (archéologie, paléontologie, témoignages historiques et culturels, paysages).

Leur préservation et leur mise en valeur nécessitent d’en connaître leur localisation, leurs caractéristiques, leur vulnérabilité, les conditions techniques et économiques  devant présider à leur intégration dans un plan de développement. Celui-ci doit par ailleurs tenir le plus grand compte des contraintes environnementales pouvant s’opposer à cette intégration :  
renouvellabilité des ressources exploitables,
maîtrise des pollutions et des nuisances,
préservation de biotopes et d’écosystèmes,
sensibilité des paysages.

Il doit aussi prendre en considération les contraintes liées aux aléas naturels (inondations, mouvements de terrain, etc...) de manière à éviter de les transformer en risques coûteux économiquement et parfois en vies humaines.
Cette prise en compte réaliste nécessite une bonne connaissance du territoire, devant déboucher sur des choix objectifs destinés en particulier à délimiter les zones naturelles et agricoles à préserver, ainsi qu’ à définir rigoureusement les conditions de leur préservation,
de leur restauration si nécessaire et de leur mise en valeur.
Corrélativement doivent être définies et circonscrites les zones à urbaniser, de telle sorte que soient évités le gaspillage de terrain et de ressources naturelles.
Cette démarche, soucieuse de préserver les grands équilibres pour le futur, était globalement appliquée sans effort lorsque l’expansion urbaine représentait peu de chose par rapport à l’étendue du territoire national.
La situation a brutalement changé avec le transfert massif des populations rurales vers les villes, et surtout avec le développement de l’idéologie de l’habitat individuel dispersé (“la ville à la campagne”).
Les pouvoirs publics, qui dans les programmes de reconstruction et de logement de masse de l’après-guerre avaient exagérément entassé les nouveaux urbains dans les grands ensembles, ont à partir des années 70 encouragé la dispersion de l’habitat. L’aide à la personne s’est alors substituée à l’aide à la pierre.
La politique de décentralisation, en confiant aux communes la gestion des permis de construire, a ouvert la porte à la spéculation foncière et, par la généralisation des zones NB, au mitage du territoire.
Ce mitage s’est fait largement au détriment des équilibres environnementaux jusque là à peu près préservés.
La dispersion de l’habitat s’est accompagnée de l’inflation des réseaux (voiries, adduction d’eau et assainissement, électricité et téléphone) coûteux en investissements et en fonctionnement pour la collectivité.
Ont été ainsi mis à contribution, pour satisfaire des choix privés, des services publics autrefois destinés à desservir des populations agricoles vivant sur leurs lieux de production.
Autre paradoxe : la théorie du zonage fonctionnaliste ( Charte d’Athènes, Le Corbusier ) appliquée sans discernement a conduit, alors même que l’industrie polluante était de plus en plus supplantée par des entreprises “ propres“ du Tertiaire, à séparer zones d’habitat et zones d’activité, contribuant à multiplier les déplacements domicile-travail, alors même que la dispersion de l’habitat imposait l’usage du véhicule individuel au détriment du transport en commun inadapté à cet urbanisme déstructuré.
Ce “désaménagement” du territoire se paye aujourd’hui - et se payera encore beaucoup plus demain - non seulement en termes écologiques et paysagers, mais aussi en termes de nuisances et pollutions, de santé publique, de surcoûts économiques pour l’individu et la collectivité, à l’heure où l’épuisement programmé des ressources pétrolières et le réchauffement climatique posent des problèmes apparemment insolubles à l’échelle de la planète.

J : Quand on pense que Mr le gérant de Cogolin veut encore créer une zone d'activité totalement décentrée à Négresse… Cherchez l'erreur! Qui plus est, sans mettre de…? Je garde cette proposition pour plus tard.
Relisez tous mes messages. Je suis fort aise de constater que cet article donne raison à toute mon analyse de l'évolution du développement de Cogolin et qu'il faut, en 2014, changer de cap, d'objectifs et donc d'équipe gouvernante!!!




2) celui de l’urbanisme :
L’urbanisme du passé permettait, avec des moyens incomparablement plus limités que les nôtres, d’assurer un relatif équilibre social, économique et environnemental sur l’ensemble du territoire.
La ville ancienne, village, bourg ou grande agglomération, assurait à la fois une certaine concentration humaine et une extrême diversité sociale et culturelle, c’est-à-dire une véritable richesse au sens écologique du terme.
Elle pouvait, avec son espace rural périphérique, vivre en relative autosuffisance.
La cohabitation des classes sociales générait une répartition  des services et des aménités urbaines relativement égalitaires dans la proximité - ce qui n’effaçait évidemment pas les écarts de niveaux de vie entre classes sociales -.
Chaque ensemble urbain  constituait ainsi, en quelque sorte, un écosystème complexe, multifonctionnel, aux interrelations multiples. Il était ainsi possible, malgré les pénuries relatives et les inégalités, de parler de société urbaine dans laquelle pouvaient jouer des solidarités et des liens sociaux et culturels forts.
Le fonctionnalisme de la ville moderne, produit involontaire d’un aménagement du territoire mal pensé, a imposé une nouvelle organisation urbaine, caractérisée par la constitution de sous - ensembles générés non plus par les spécificités du territoire communal mais par la juxtaposition d’unités différenciées par les moyens financiers que la collectivité et les individus pouvaient ou voulaient consentir à leur édification.

J : Cherchez l’erreur entre hier et aujourd’hui !

Au-delà du zonage fonctionnel mentionné plus haut s’est ainsi opéré un zonage social départageant l’espace urbain en trois grandes entités que l’on retrouve dans pratiquement toutes les agglomérations de notre pays :
la ville ancienne, qui conserve ses spécificités, et sur laquelle un jacobinisme du local s’acharne le plus souvent à concentrer tous les équipements publics induits par les exigences modernes;
la banlieue, regroupant les anciens quartiers populaires d’habitat pavillonnaire et les grands ensembles, dépourvue d’équipements publics de niveau agglomération et de la diversité de services, d’emplois et de richesse culturelle réservée au centre ville;
la couronne externe, incluant ou non selon les cas des hameaux ou villages anciens, dans laquelle se développe en tâche d’huile l’habitat diffus dispersé sur de grandes parcelles.

Cette structuration a été initiée au départ pour des raisons pratiques :
la nécessité de loger au plus vite l’afflux de population chassée des villes bombardées, ou provenant de l’exode rural, du rapatriement et du baby-boom de l’après-guerre.
Elle s’est pérennisée et aggravée du fait des encouragements donnés par les pouvoirs publics à l’idéologie de la maison individuelle (programmes des chalandonnettes, de l’aide à la personne au détriment de l’aide à la pierre, plus récemment des “maisons à 100.000 euros” ou à 1 euro par jour. Elle s’est aussi nourrie du laxisme des communes généralisant les zones ND dans leurs POS, et de l’incapacité à urbaniser correctement les secteurs d’habitat collectif, maintenus à l’état de cités-dortoirs sans espoir de devenir de la ville au plein sens du terme.
Dans ces conditions, la notion d’urbanisme elle-même est restée embryonnaire, dépourvue de concepts fondateurs indiscutables, se perdant dans des utopies fonctionnalistes telles que celle de la “ ville émergente “ et de la primauté de la mobilité sur le lieu de vie.
Symboliquement, la Direction de l’Urbanisme, parent pauvre du Ministère de l’Equipement, est restée subordonnée à la toute puissance du Corps des Ingénieurs des Ponts et Chaussées et n’a pu concevoir et diffuser les conceptions modernes qui auraient dû encadrer le développement urbain accéléré.
Faute de constituer à temps les réserves foncières indispensables à leur développement, les communes et les communautés urbaines ont implanté leurs grands équipements sur la base de projets d’architecte (de renom international si possible) sans trop se soucier de leur articulation avec leur environnement social ou naturel.
Le manque de réserves foncières a encouragé la spéculation au bénéfice des acheteurs les plus aisés, entraînant l’augmentation excessive du coût des logements en accession ou en location. La consommation d’espace requise par la construction pavillonnaire s’est traduite par ailleurs par l’amputation de terres agricoles fertiles, transformées en rente foncière par des agriculteurs vieillissants
De nombreuses agglomérations ont ainsi perdu leurs surfaces maraîchères péri-urbaines, au bénéfice de produits provenant d’autres régions ou de l’étranger.
L’ensemble de ces processus tirant tous dans le même sens a conduit en quelques décennies à une réorganisation des peuplements urbains dictée par la satisfaction d’aspirations strictement individuelles :
fuite des habitants des grands ensembles et plus largement des habitats collectifs par des classes moyennes insatisfaites par un mode de vie pseudo-urbain non amélioré notablement depuis la phase de construction;
recherche de la tranquillité de voisinage et d’un retour apparent à la nature sur-valorisé par comparaison à la pauvreté du cadre de vie de la banlieue.
Plus récemment s’est développé un retour à la ville, la vraie, celle des centres historiques gorgés de richesses marchandes et culturelles, ouverts à la promenade piétonne et à l’art de vivre.

J : Vous venez de lire pourquoi nous en sommes là et aussi les pistes à suivre pour un "mieux vivre ensemble à Cogolin demain".

Le résultat de ces transformations se résume dans la question de la ségrégation sociale territorialisée, décrite en particulier par Eric Morin dans “ Le ghetto français “.
Comment parler de “ faire société “ quand tout concourt à séparer physiquement les classes sociales, et même les individus d’une même classe, éloignés les uns des autres par la distance ?  Comment faire société quand les enseignants, travaillant en quelque sorte “ hors sol “, habitent à des kilomètres de leur lieu de travail, et sont pour la plupart dans l’incapacité de connaître et comprendre les conditions de vie de leurs élèves ?
Comment faire société quand, le mouvement ségrégatif s’accélérant de lui-même, les différences sociales et culturelles ne s’assument plus dans la proximité du lieu de vie, au besoin par des frictions et des crises, mais sont mises entre parenthèses par l’effet de l’éloignement physique ?
Le racisme d’évitement n’est-il pas finalement porteur de plus d’incompréhension et d’irréversibilité  que le racisme de proximité ?

Pour un changement de cap radical

On voit bien ainsi que seule une organisation du territoire pensée à partir de finalités humanistes et environnementalistes peut permettre de “faire société“.
Dans le monde moderne, faire société ne va pas de soi, car il n’y a plus nécessité pour une partie croissante de l’humanité de vivre et travailler sur le terroir d’origine, en prise directe avec ses semblables, familiaux ou sociaux.
La liberté individuelle gommant une grande part des déterminismes, il est désormais possible à certains de choisir leurs lieux de vie et de travail, ainsi que leurs relations sociales en fonction de leurs affinités.
Aussi une organisation sociale centrée sur la seule satisfaction des intérêts individuels conduit-elle inexorablement, beaucoup plus que par le passé, à la fragmentation sociale.
Les interrelations entre les plus riches conduisent aussi inexorablement à l’exercice de pressions sociales et politiques destinées à accroître indéfiniment la satisfaction des groupes sociaux dominants au détriment des autres, qui ne peuvent que s’appauvrir relativement.
D’où, si l’on veut donner sa chance à l’idéal de justice sociale - et plus largement au développement équilibré de tous -, la nécessité d’un volontarisme politique destiné à contrer positivement les tropismes centrifuges sous-jacents à la tentation individualiste.
Le territoire constitue ainsi le cadre nécessaire à la construction d’une société équilibrée, assurant dans la proximité géographique une cohabitation active riche de la diversité sociale et culturelle de ses différentes composantes. Il est par conséquent nécessaire de repenser collectivement à la fois l’aménagement du territoire et l’urbanisme.
Des avancées politiques ont été faites dans cette voie au cours des années 90 - avec en particulier les Lois Voynet, Chevènement et Vaillant, complétées par la Loi SRU - instituant entre autres les Communautés de Communes et d’Agglomérations, les Conseils Consultatifs de Quartiers, la règle des 20% de logements sociaux par commune.

J : Vous rendez-vous compte que nous ne sommes toujours pas dans l'intercommunalité et qui plus est, elle va être une fois encore retardée alors que le monde change à une vitesse hallucinante. Quelle honte de constater que l'espèce des tyrannosaures politiques n'est pas éteinte. Il est lamentable que l'archaïsme politique de deux ou trois gouvernances bloque cette évolution vers une autre façon d'appréhender la société citoyenne. Ces gouvernances "grain de sable" privilégient l'esprit clocher au détriment de l'intérêt commun. Elles sont loin de l'idée du "un pour tous et tous pour un" que je défends à travers mes messages. Ils sont au contraire dans le "moi pour moi et tout pour moi"!
Pourtant nous aurions tout à gagner tout en préservant notre spécificité si nous avions des gouvernants à la hauteur des enjeux de demain. J'aime prendre l'analogie du collier de perles pour illustrer cela.
Chaque perle est belle individuellement mais c'est ensemble qu'elles forment un splendide collier. Malheureusement, les communes "grain de sable" refusent de participer au fil conducteur qui permettrait aux différentes perles de former le beau collier… CQFD!  
Nous n'avons que les gouvernants que l'on mérite. Méditez sur cette assertion au moment de voter en 2014!
  
A de multiples reprises aussi a été proclamée la nécessité d’un Plan Marshall pour la ville. Mais on est encore en attente d’une véritable doctrine du développement urbain, que rendent aujourd’hui encore plus urgente les problèmes nouveaux - bien que prévisibles depuis longtemps - que posent le réchauffement climatique et l’inflation du coût des carburants et plus largement de l’énergie. Ce que la raison et la conscience humaniste et environnementaliste n’ont pu générer efficacement relève aujourd’hui de l’ordre de l’impératif économique et sécuritaire :
arrêter l’étalement urbain,
assurer la primauté du transport en commun et des déplacements “ doux “ sur l’usage de l’automobile,
restructurer le tissu urbain en le densifiant tout en l’humanisant.
Humaniser veut dire que la ville dans son acception la plus complète soit présente partout, ce qui impose de recréer la mixité sociale et la diversité fonctionnelle, de permettre à chacun de vivre à proximité de son lieu de travail, de mettre les biens culturels à la portée de tous, au moyen d’une véritable politique de proximité comme ont su le faire certaines communes. Telles sont les orientations qui doivent permettre dans un avenir le plus proche possible de retisser des liens sociaux aujourd’hui en limite de rupture.
C’est à cette condition qu’il sera possible de redonner aux citoyens l’envie du “vivre ensemble “, et par conséquent de “ faire société “.




CONCLUSION DE JANUS:

Excellente analyse de Mr Marcel Masson. Une analyse généraliste dans laquelle cependant chaque commune peut s’y reconnaître en particulier. Elle énonce les causes, les conséquences et les grands axes de ce qu'il faudrait faire.
Cette analyse qui va dans le sens de mes propositions, me pousse à accentuer tous ces points que les gouvernances précédentes et l’actuelle ont négligés voire ignorées! Je me répète mais c'est l'évidence à anticiper : le monde, les habitants  et les touristes changent.
Cette analyse ne fait que le confirmer et faites confiance à JANUS pour en tenir compte pour que nous puissions " mieux vivre ensemble à Cogolin demain" dans l'esprit du "un pour tous et tous pour un" !

Faites connaître COGOLIN FORUM si vous adhérez à mes analyses et idées afin de composer une force électorale prête à vouloir concevoir une autre manière de faire de la politique et donc  de faire en sorte que la gouvernance d’aujourd’hui passe le relais pour une gouvernance pragmatique, à l’écoute de son temps et tournée vers demain !

En 2014, il ne tiendra qu’à vous et votre entourage cogolinois pour tourner la page actuelle en votant pour une nouvelle gouvernance qui mettra en œuvre ces idées respectueuses de l'environnement et placera l'habitant au centre de ses actions et préoccupations.

JANUS

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17/10/2017





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