Cogolin Forum

Le futur est sur une pente descendante

JANUS ne cesse de vous dire depuis le début de COGOLINFORUM en septembre 2009 que le monde change, que la société change et que les gouvernances nationales et locales ont l’obligation de se préparer à autre chose. Relisez mes deux chroniques économique:
Crise, ça continue encore et encore
Voilà ce qui nous attend

Elles ont été écrites respectivement en octobre et décembre 2010. Donc un an après, vous pourrez juger que ce qui y était prédit  à ce moment là n’est pas si loin de la vérité de l’actualité présente.

JANUS a lu sur le blog de l’éminent économiste Paul Jorion le billet d’un des chroniqueurs du blog. Je vous en fais part ci-dessous et je vous retrouve après pour vous donner ma conclusion.



« L’actualité de la crise : UNE DYNAMIQUE PLUS FORTE QUE TOUT
15 décembre 2011 par François Leclerc
Il y a désormais deux casseroles sur le feu, et c’est à celle qui va déborder la première.
L’obstruction déterminée du gouvernement allemand à toute émission d’euro-obligations ou intervention musclée de la BCE ne laisse aucune chance à ce qu’une détente significative intervienne sur le marché obligataire, accentuant le risque qu’inexorablement l’Italie et l’Espagne finissent par atteindre le cœur
De la zone des tempêtes ; sous la menace persistante des énormes pertes qui en résulteraient pour les banques, et de la dévalorisation de leurs actifs en raison de la récession qui s’annonce, le système financier européen est profondément déséquilibré, en dépit de la réduction de voilure qu’il opère dans la précipitation, alors qu’il lui est demandé d’augmenter ses fonds propres. Par voie de conséquence, le spectre d’un crédit Crunch hante l’Europe, où les entreprises sont très dépendantes des banques pour leur financement, les collectivités locales françaises ayant déjà tiré la sonnette d’alarme.
Les tenailles se resserrent, tandis que les dirigeants poursuivent une course d’obstacle dont le but est de concrétiser un plan à nouveau dépassé par les événements. Emberlificotés dans l’adoption d’un futur accord intergouvernemental impliquant les institutions de l’Union européenne sans l’agrément de tous ses membres, trébuchant à propos du tout aussi invraisemblable montage du financement du FMI, comptant enfin leurs sous pour financer le capital de 80 milliards d’euros du futur MES (Mécanisme européen de stabilité).
Sous l’œil attentif du régulateur britannique, le FSA, la City dresse des plans pour se protéger d’un éclatement de la zone euro. Après avoir organisé des stress tests spéciaux des banques américaines, la Fed en fait autant aux Etats-Unis, tandis que les fonds monétaires US continuent de se retirer du marché européen, laissant les banques totalement dépendantes de la BCE pour assurer leur refinancement en dollars, ainsi qu’en euros pour une partie de plus en plus importante d’entre elles. La possibilité d’un retour à la parité entre le dollar et l’euro est désormais évoquée.
La perspective d’une activation par l’ISDA (International Swap and Dérivatives Association) des CDS sur les Etats européens est par contre éloignée par tous les moyens, car elle finirait un travail déjà bien engagé, étant donné l’exposition des banques européennes qui en ont vendus en quantité. Quel sens a désormais de s’acheter une protection qui ne joue jamais ? Cela n’incite pas a acheter des obligations d’État, s’il n’est plus possible de s’assurer contre les défauts. En Grèce, les négociations entre le gouvernement et l’Institute of International Finance (IIF) à propos de la décote de 50% des obligations souveraines continuent de piétiner, en dépit de déclarations apaisantes. Leur conclusion est pourtant vitale, afin de refermer au plus vite le dossier et de crédibiliser la décision du sommet européen de ne pas engager à nouveau un tel processus, une mesure désormais considérée comme ayant été une erreur.
Les gouvernements des prochains pays sur la liste ont quant à eux reçu le message : ils devront seuls assumer l’intégralité de l’effort, si d’aventure ils tombent demain dans le trou.
Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, est à son tour intervenu pour préparer les esprits à une proche dégradation de la note de la France, en attaquant bille en tête des agences de notation « franchement incompréhensibles et irrationnelles », et en mettant en cause « leur utilité pour guider les investisseurs ». La cause semble entendue, à entendre François Fillon qui annonce depuis le Brésil « d’autres secousses », mais les répercussions en sont impossibles à mesurer. Seule certitude : les schémas de sauvetage européens mis sur pied – qui tous reposent sur des emprunts et la note AAA du cœur de la zone euro – comme d’ailleurs en feraient l’émission d’euro-obligations, perdront leur assise, réduisant encore plus les marges de manoeuvre des dirigeants européens. Leur stratégie continue de progressivement s’effriter, sans qu’ils soient en mesure d’en élaborer une autre de rechange.
Qu’observe-t-on ? Que les banques disposent de filets de sécurité qui leur permettent de provisoirement tenir, mais pas de se renforcer, les laissant toujours vulnérables, et que les Etats perdent le peu des instruments qu’ils étaient parvenus à rendre opérationnels pour sauver ceux d’entre eux qui perdent pied.
Le système financier fonctionne dorénavant hors marché en s’appuyant sur la BCE, probablement pour une longue durée, mais aucun dispositif substantiel équivalent ne peut être mis en place pour les Etats, déséquilibrant l’ensemble. La BCE joue tout son rôle, mais rien que son rôle, laissant comme seule issue soit l’éclatement de la zone euro, soit une intervention de sa part à grande échelle, au tout dernier moment, dont la perspective s’éloigne.
Les parallèles historiques n’ont pas manqué ces derniers temps. Se référant à l’esprit de Münich, ou bien à la crainte qui s’avère fondée que la Grèce joue aujourd’hui le rôle de laboratoire que l’Espagne avait joué à la veille de la seconde guerre mondiale. Celle-ci hante l’Europe, réanimant de vieux antagonismes historiques éteints, devant la montée impétueuse d’une nouvelle conflagration d’un type nouveau. En attendant, les effets économiques et sociaux ravageurs des coupes budgétaires atteignent en profondeur les pays les plus visés, dans des proportions ignorées par ceux qui ne les subissent pas encore et espèrent y échapper. Mais la dynamique de la crise est plus forte que tout. »

J : En cadeau, la réponse d’un des blogueurs. Elle ne me semble pas dénuée de bon sens…

« Très étrange quand même -et très amusant- ce processus d’auto-euthanasie de la finance.
On croirait du marxisme mécanique et doctrinaire, du genre « le capitaliste vendra même la corde avec laquelle on le pendra ».

Si j’ai bien suivi jusque là : dégradation des Etats = dégradation du bilan des banques = nécessité d’une recapitalisation sur fond publique = nécessité d’emprunter pour les Etats = aggravation de leur dette = dégradation de leur note = euthanasie de la finance par généralisation de la dégradation des notes 1/ des dettes souveraines; 2/ des banques; 3/ des entreprises directement ou indirectement liées au financement bancaires (autant dire toutes) = effondrement immanent et sui generi du capitalisme : on a presque envie d’aller hiberner et de se réveiller dans un primesautier joli moi de mai.
NB : Je n’ignore pas les scénarii intermédiaires (de divine surprise : les banques réquisitionnées à un moment du processus, l’insurrection citoyenne ou armée; ou de cauchemar : la main de fer d’un Nazional-Kapitalism pour forcer à l’ajustement). Mais tout de même, ce niveau de connerie ou d’aveuglement des tauliers du système, ça laisse rêveur… (En fait erreur de jugement : c’est justement en tant que tauliers et commis du système qu’ils sont aveugles, non?)

Urania »

JANUS :

Le lendemain de cet article de François Leclerc, les médias annonçaient la prédiction de l’Insee d’une entrée en récession de courte durée (j’apprécie l’euphémisme) car une croissance négative ne serait attendu que pour le dernier trimestre de 2011 et pour le premier trimestre de 2012. Le même institut annonçant une petite reprise à partir du printemps 2012.
Il est évoqué dans l’article la parité avec le dollar. Très bien d’un côté mais d’un autre côté cela veut dire augmentation du coût du baril de pétrole qui est en dollar donc augmentation du prix des carburants donc des matière premières qui ont besoins d’énergie, etc. …

Comme vous l’avez lu, ce n’est pas réjouissant ! Donc, lorsque l’on voit comment la machine s’emballe jour après jour. Lorsque l’on constate l’incapacité réelle et non de façade à s’unir pour remettre en cause les fondements et les structures qui nous ont plongés et qui nous plongent dans le gouffre abyssal de la dette, j’ai du mal à croire à la courte durée.
Cela m’amène à vous faire part de ce que je pense :

1) La campagne présidentielle va être très différente des précédentes et en cela très enrichissante d’enseignements sur la capacité de tel ou telle présidentiable à être un « grand homme d’état » capable de redresser la situation déplorable de son pays.
En effet, j’ai lu les grandes lignes de chacun des candidats déclarés. Bof ! Ils ratissent tous dans le « futile » eu égard à la situation de grave crise que l’on traverse. Les mesures de relance de la croissance, pour stimuler la création d’emploi, pour la sauvegarde de l’accès à tous aux fonctions régaliennes de l’état sont très frileuses.  Tous les pré-programmes on été réfléchis et construits dans une vision du monde comme jadis, où tout était encore possible. Depuis le mois d’août 2011, la planète dérive jour après jour et tangue de plus en plus. Chaque semaine contredit la précédente. Alors comment peut-on prédire les cinq ans à venir quand on ne sait même pas ce que la prochaine semaine va nous apporter comme désappointement ou désastre économique.
Tous les candidats vont devoir s’affronter dans un cadre très limité et proposer des possibles et non plus, comme jadis, des promesses intenables.
Les crises, et française, et européenne, et mondiale les obligent à réduire leur voilure électorale et à faire preuve d’innovations et de remise en cause pour tisser l’esquisse d’une inéluctable nouvelle société. Je ne sais s’il y en aura un qui aura cette trempe…
Les programmes prédéfinis sont en grande partie obsolètes et je crois que l’on ne connaîtra les propositions définitives que quelques semaines avant le lancement de la campagne officielle tant le monde change au fil des heures. 

2) Ce prélude international et présidentiel est important au niveau local parce que cela va grandement interférer sur la marge de manœuvre des « pilotes » aux commandes d’une commune. Le champ des possibles qui déjà n’est pas très grand va se réduire. Le taux des emprunts risque de limiter la capacité des communes à investir. La nécessité de limiter les dépenses va obliger tout gérant de commune à revoir sa copie. Le Deal obligé de demain va être : comment baisser les dépenses et augmenter les recettes sans trop pénaliser l’habitant, son bien-être, sa sécurité et cela, tout en oeuvrant au développement socio-économique de la commune… CQFD !
Il faudra faire des choix qui ne plairont pas à tous. Il faudra limiter les ambitions, les prioriser en terme de retombées (sociales, économiques, promotionnelles, etc.  .) et les planifier dans le temps.
JANUS estime qu’il serait préférable pour une commune  de moins disperser ses actions. Il vaut mieux faire moins chaque année mais mieux que plus et moins bien. Il vaut mieux faire moins qui touche toutefois un plus grand nombre que plus qui en fait ne concerne que de petits groupes. JANUS ne tient pas à être discriminatoire, élitiste en disant cela mais c’est le bon sens vis-à-vis d’une réalité qui s’impose de plus en plus à tous y compris aux commune : à défaut de faire plus, comment faire mieux avec moins ?

JANUS ne désire pas vous leurrer avec de faux-semblants. Ceci, toutefois, ne signifie pas décroissance et charges excessives. Ceci signifie croître autrement, vivre à notre niveau, recréer le lien social naturellement solidaire, stimuler l’implication citoyenne dans la vie de la commune et son développement…

3) Nous ne devons plus et nous ne pouvons plus être en demande. Nous nous devons de remettre l’interaction, l’implication, la proximité, la solidarité au goût des nouveaux jours qui s’annoncent.
Je ne parle pas de solidarité assistée mais de solidarité économique et sociale, de solidarité interactive, de solidarité « intelligente » qui profite à tous ou en tout cas au plus grand nombre.
Mon leitmotiv « un pour tous et tous pour un » n’est pas une gageure. L’interaction réciproque entre l’individu et sa commune ne peut être que bénéfique pour le développement de l’individu et pour le développement du groupe, autrement dit de sa commune. 
Une telle société peut exister et bien plus encore au niveau local. Tomber, chuter, comme nous le fait vivre la crise mondiale ne doit pas nous laisser à terre à nous lamenter sur nos maux et incapacités. Se retrouver plus bas doit au contraire nous pousser à réfléchir aux solutions à trouver pour nous remettre droit, rebondir, avancer à nouveau.
On a pour habitude d’affirmer « la meilleure des défenses est la contre-attaque ». Pourquoi, en plus de dire cette assertion, ne pas la penser et la mettre en œuvre. C’est ce que vous proposera JANUS au fil du temps qui nous rapprochera du jour où il vous faudra choisir de changer ou non la manière de gérer Cogolin… CQFD !

Pour un COGOLIN AUTREMENT

JANUS

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17/10/2017





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